L’illusion du choix : quand l’IA formate les regards

L’illusion du choix : quand l’IA formate les regards

L’IA : entre impact, éthique et uniformisation

On nous avait promis une créativité infinie. Pourtant, en parcourant les fils d’actualité ces derniers mois, un étrange sentiment d’uniformité s’installe. Vous les avez remarqués ?

- Ces visuels « parfaits » (ou pas).

- Ces structures de textes « calibrées ».

- Ces graphismes lisses...

À chaque mise à jour des modèles d’IA, une nouvelle mode déferle. Paradoxalement, alors qu’on n’a jamais eu autant d’outils pour affirmer notre créativité, les visuels s’uniformisent au profit de l’algorithme et les individualités semblent se perdre dans un océan de prompts. Comme à chaque nouvelle tendance, on voit d'ailleurs fleurir une quantité incroyable d’experts autoproclamés en IA, qui utilisent les mêmes outils et répètent les mêmes préceptes, en oubliant trop souvent d’évoquer l’envers du décor.

Le coût réel du « prompt »

Derrière la facilité de ces outils, il y a une réalité physique qu'on a tendance à ignorer. L'IA n'est pas « virtuelle » : c'est une industrie lourde qui pèse sur nos territoires.

- L'électricité : générer une seule image consomme souvent environ autant d'énergie que la recharge complète d'un smartphone. Multiplié par des millions d'utilisateurs, l'impact est colossal.

- L'eau : le refroidissement des infrastructures nécessite d'importants volumes d'eau douce, une ressource dont la disponibilité est déjà limitée dans de nombreuses zones géographiques.

- Les matières premières : on a besoin de métaux rares et de composants dont l'extraction et la fabrication ont un bilan carbone très lourd.

Créer ou piller ?

Et l’éthique dans tout ça ?

Ces outils « n’inventent pas » : ils ont été nourris, souvent sans rien demander, par le travail de milliers de photographes, vidéastes, graphistes, artistes et auteur(e)s. L'IA n'a pas de souvenirs, elle n'a pas de sensibilité. Elle se contente de mélanger ce que des personnes ont mis des années à apprendre, à tester et à ressentir sur le terrain. C'est une forme de pillage silencieux de l'expérience humaine.

Utiliser l'outil ? Oui, mais rester le pilote

Je ne suis pas contre l'IA, qui est un assistant extrêmement fonctionnel pour certaines tâches. Mais on peut s'interroger : à quel moment la « gratuité » et cette utilisation trop souvent déraisonnée nous font-elles perdre le sens de ce que l'on produit ?

Le métier de l'image, c'est d'abord être là, avec son regard et son intention. C'est apporter une preuve du réel, une émotion ou une expertise qu'une machine ne peut aujourd'hui pas encore copier, tout simplement parce qu'elle ne la vit pas.

Préférerons-nous une esthétique calculée et uniforme, ou une création habitée, souvent imparfaite mais porteuse d'une histoire ?

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